On vous a peut-ĂȘtre dit que vos vertiges Ă©taient « dans votre tĂȘte », liĂ©s au stress ou Ă l’anxiĂ©tĂ©. Cette affirmation peut ĂȘtre blessante, surtout quand on vit des vertiges rotatoires trĂšs rĂ©els et trĂšs handicapants. La relation entre VPPB, stress et anxiĂ©tĂ© mĂ©rite d’ĂȘtre clarifiĂ©e.
Non, le VPPB n’est pas « psychologique »
PremiĂšre clarification essentielle : le VPPB est une pathologie organique, physique, objectivable. Ce n’est pas « dans la tĂȘte » au sens psychologique du terme. Les cristaux dĂ©placĂ©s dans les canaux semi-circulaires sont bien rĂ©els, et le nystagmus (mouvement involontaire des yeux) qu’ils provoquent est un signe clinique mesurable.
Tout professionnel formĂ© â kinĂ©sithĂ©rapeute vestibulaire, ORL, neurologue â peut observer ce nystagmus lors des tests diagnostiques. C’est une preuve objective que quelque chose de physique se passe dans votre oreille interne.
Si on vous a dit que vos vertiges Ă©taient « nerveux » ou « psychosomatiques » sans avoir rĂ©alisĂ© d’examen clinique appropriĂ©, il peut ĂȘtre utile de consulter un spĂ©cialiste qui pratiquera les tests nĂ©cessaires.
Pour aller plus loin : VPPB : les signes qui doivent vous alerter
Mais l’anxiĂ©tĂ© accompagne souvent le VPPB
Cela dit, anxiĂ©tĂ© et vertiges sont souvent liĂ©s â mais pas dans le sens qu’on croit gĂ©nĂ©ralement. Ce n’est pas l’anxiĂ©tĂ© qui cause le VPPB, mais le VPPB qui peut gĂ©nĂ©rer de l’anxiĂ©tĂ©.
Vivre des vertiges rotatoires violents et imprĂ©visibles est une expĂ©rience profondĂ©ment dĂ©stabilisante. La peur de la chute, l’impossibilitĂ© de prĂ©voir quand le prochain vertige surviendra, l’impact sur le travail et la vie sociale â tout cela gĂ©nĂšre lĂ©gitimement de l’anxiĂ©tĂ© [1].
Cette anxiété est normale, compréhensible, et ne signifie pas que vos vertiges sont « inventés ». Elle est une conséquence de la pathologie, pas sa cause.
Le cercle vicieux vertiges-anxiété
Un phénomÚne bien documenté peut compliquer la situation : le cercle vicieux entre vertiges et anxiété [2]. Voici comment il fonctionne.
Les vertiges du VPPB gĂ©nĂšrent de l’anxiĂ©tĂ©. Cette anxiĂ©tĂ© entraĂźne une hypervigilance : vous devenez trĂšs attentif aux moindres sensations de votre corps. Cette hypervigilance amplifie la perception de sensations qui passeraient normalement inaperçues. Ces sensations amplifiĂ©es renforcent l’anxiĂ©tĂ©. Et ainsi de suite.
Ce cercle vicieux peut expliquer pourquoi certains patients continuent de ressentir des sensations d’instabilitĂ© mĂȘme aprĂšs que le VPPB a Ă©tĂ© traitĂ© avec succĂšs. Le problĂšme mĂ©canique est rĂ©solu, mais le systĂšme nerveux reste en Ă©tat d’alerte.
Le PPPD : quand les symptĂŽmes persistent
Parfois, aprĂšs un Ă©pisode de VPPB (mĂȘme traitĂ©), des symptĂŽmes vertigineux ou d’instabilitĂ© persistent de maniĂšre prolongĂ©e. Ces symptĂŽmes ne correspondent plus au VPPB initial â les tests sont normaux, les manĆuvres n’amĂ©liorent rien.
Il peut s’agir d’un trouble fonctionnel vestibulaire appelĂ© PPPD (Persistent Postural-Perceptual Dizziness, ou vertige postural perceptuel persistant) [3]. Ce diagnostic relativement rĂ©cent dĂ©signe un trouble rĂ©el, avec des mĂ©canismes neurophysiologiques identifiĂ©s, qui n’est pas « imaginaire ».
Le PPPD peut se développer aprÚs un épisode vestibulaire aigu (VPPB, névrite, etc.) chez des personnes prédisposées, notamment celles ayant une tendance anxieuse. Sa prise en charge est différente de celle du VPPB et fait appel à la rééducation vestibulaire, parfois associée à un accompagnement psychologique.
L’importance d’un diagnostic prĂ©cis
Face Ă des vertiges, un diagnostic prĂ©cis est essentiel. Dire « c’est le stress » sans avoir examinĂ© le patient n’est pas acceptable. Les kinĂ©sithĂ©rapeutes vestibulaires sont formĂ©s pour rĂ©aliser un bilan complet qui permet de distinguer un VPPB actif, des sĂ©quelles de VPPB, un PPPD, ou d’autres pathologies.
Si vous avez un VPPB, les manĆuvres de repositionnement sont le traitement. Si vous avez un PPPD post-VPPB, une rééducation vestibulaire adaptĂ©e peut vous aider Ă retrouver confiance et stabilitĂ©. Dans les deux cas, il existe des solutions.
Pour aller plus loin : ManĆuvre d’Epley : ce qu’il faut savoir
GĂ©rer l’anxiĂ©tĂ© associĂ©e aux vertiges
L’anxiĂ©tĂ© qui accompagne les troubles vestibulaires mĂ©rite d’ĂȘtre prise en compte dans la prise en charge. Ce n’est pas « faire semblant » que de ressentir de l’angoisse face aux vertiges â c’est une rĂ©action normale Ă une situation difficile.
La premiĂšre Ă©tape est souvent de comprendre ce qui se passe. Savoir que le VPPB est bĂ©nin, qu’il se traite efficacement, et qu’il n’est pas dangereux aide Ă rĂ©duire l’anxiĂ©tĂ©. L’Ă©ducation thĂ©rapeutique fait partie intĂ©grante de la prise en charge proposĂ©e par les kinĂ©sithĂ©rapeutes vestibulaires.
Dans certains cas, un accompagnement psychologique peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique, notamment si l’anxiĂ©tĂ© reste importante malgrĂ© le traitement du VPPB. Cela ne signifie pas que vos vertiges Ă©taient « psy » â cela signifie simplement qu’on prend en charge toutes les dimensions de votre situation.
Pour aller plus loin
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Note importante : Ce site propose des informations éducatives rédigées par un kinésithérapeute spécialisé. Elles ne constituent pas un diagnostic ni un traitement. En cas de vertiges brutaux, de perte auditive soudaine ou de signes neurologiques (troubles de la parole, paralysie), appelez le 15 (SAMU) immédiatement.

