VPPB récidivant : comprendre et prévenir

Vous avez été traité pour un VPPB et vous craignez que les vertiges reviennent. Cette inquiétude est légitime : le VPPB peut effectivement récidiver. Mais comprendre pourquoi — et connaître les facteurs de risque — permet d’aborder cette éventualité plus sereinement.

Le VPPB peut-il vraiment revenir ?

Oui, le VPPB est une pathologie qui peut récidiver. Les études scientifiques montrent un taux de récurrence d’environ 15% la première année suivant un épisode [1]. Sur une période de cinq ans, ce taux peut atteindre 50% [2]. Ces chiffres ne sont pas là pour inquiéter, mais pour informer.

La bonne nouvelle : si le VPPB revient, il se traite de la même manière qu’au premier épisode. Les manœuvres de repositionnement restent efficaces, et vous savez désormais reconnaître les symptômes et vers qui vous tourner.

Pourquoi le VPPB récidive-t-il ?

Le VPPB survient lorsque de minuscules cristaux (otolithes) se détachent de leur zone d’origine et migrent dans un canal semi-circulaire. Ces cristaux sont normalement renouvelés tout au long de la vie. Une fragilité de leur ancrage ou une production excessive peut favoriser de nouveaux épisodes.

Plusieurs facteurs de risque de récidive ont été identifiés par la recherche scientifique. Les connaître permet parfois d’agir sur ceux qui sont modifiables.

Les facteurs de risque identifiés

L’âge est un facteur important. Le VPPB est plus fréquent après 50 ans, et le risque de récidive augmente également avec l’âge. C’est un facteur sur lequel on ne peut pas agir, mais qui explique pourquoi certaines personnes sont plus concernées.

L’ostéoporose a été associée à un risque accru de VPPB et de récidive. Les otolithes sont composés de carbonate de calcium, et les troubles du métabolisme osseux pourraient affecter leur structure [3]. Une évaluation de la densité osseuse peut être pertinente chez les patients présentant des VPPB répétés.

La carence en vitamine D est un facteur de plus en plus étudié. Plusieurs études ont montré une association entre des niveaux bas de vitamine D et le risque de VPPB [4]. Une supplémentation chez les patients carencés pourrait réduire le risque de récidive, bien que des études complémentaires soient nécessaires pour confirmer ce bénéfice.

La migraine est un facteur de risque reconnu. Les patients migraineux ont un risque accru de développer un VPPB et de récidiver [5]. Le lien entre ces deux pathologies fait l’objet de recherches actives.

Les traumatismes crâniens, même mineurs, peuvent favoriser le détachement des otolithes et augmenter le risque de VPPB récidivant.

Peut-on prévenir les récidives ?

Agir sur les facteurs modifiables peut contribuer à réduire le risque de récidive, même si aucune méthode n’offre de garantie absolue.

Concernant la vitamine D, un dosage sanguin permet d’identifier une éventuelle carence. En cas de déficit, une supplémentation adaptée peut être proposée par votre médecin. C’est une démarche simple qui peut avoir d’autres bénéfices pour la santé osseuse et générale.

La prise en charge de l’ostéoporose, si elle est diagnostiquée, fait partie des mesures potentiellement utiles. Les traitements disponibles peuvent renforcer la structure osseuse et possiblement réduire la fragilité des otolithes.

Pour les patients migraineux, un traitement de fond adapté peut avoir un effet favorable sur la fréquence des récidives de VPPB.

Que faire si le VPPB revient ?

Si les vertiges réapparaissent, ne paniquez pas. Vous connaissez maintenant cette pathologie et savez qu’elle se traite efficacement. Prenez rendez-vous avec un kinésithérapeute vestibulaire dès que possible.

Les kinésithérapeutes vestibulaires sont formés pour identifier rapidement le canal atteint et réaliser les manœuvres appropriées. Même en cas de récidive, les résultats restent excellents dans la grande majorité des cas.

Certains professionnels peuvent également vous apprendre des manœuvres d’auto-traitement à réaliser en cas de récidive. Cette option peut être discutée avec votre kinésithérapeute vestibulaire selon votre situation particulière.

En résumé

Le VPPB peut récidiver, mais ce n’est pas une fatalité. Connaître les facteurs de risque permet d’agir sur ceux qui sont modifiables. Et si les vertiges reviennent, les kinésithérapeutes vestibulaires disposent des compétences pour vous prendre en charge rapidement et efficacement.

Pour aller plus loin

Vous souhaitez en savoir plus sur le VPPB ? Consultez nos articles dédiés :

Références Bibliographiques:

[1] Brandt T, Huppert D, Hecht J, Karch C, Strupp M. Benign paroxysmal positioning vertigo: a long-term follow-up (6-17 years) of 125 patients. Acta Otolaryngol. 2006;126(2):160-163.

[2] Nunez RA, Cass SP, Furman JM. Short- and long-term outcomes of canalith repositioning for benign paroxysmal positional vertigo. Otolaryngol Head Neck Surg. 2000;122(5):647-652.

[3] Vibert D, Kompis M, Häusler R. Benign paroxysmal positional vertigo in older women may be related to osteoporosis and osteopenia. Ann Otol Rhinol Laryngol. 2003;112(10):885-889.

[4] Jeong SH, Kim JS, Shin JW, et al. Decreased serum vitamin D in idiopathic benign paroxysmal positional vertigo. J Neurol. 2013;260(3):832-838.

[5] Chu CH, Liu CJ, Lin LY, Chen TJ, Wang SJ. Migraine is associated with an increased risk for benign paroxysmal positional vertigo: a nationwide population-based study. J Headache Pain. 2015;16:62.

Les informations présentées dans cet article ont un but purement éducatif et informatif. Elles ne constituent ni un avis médical, ni une consultation, ni une prescription. Elles ne se substituent en aucun cas à une consultation auprès d'un professionnel de santé qualifié. Chaque situation médicale est unique et nécessite un examen clinique approprié. Toute décision concernant votre santé doit être prise en concertation avec votre médecin traitant.