Vous avez consulté pour des vertiges et votre médecin vous a prescrit un médicament — peut-être du Tanganil, du Serc, ou un autre antivertigineux. Pourtant, vous avez appris que le VPPB est un problème « mécanique ». Alors, ces médicaments sont-ils vraiment utiles ?
Un problème mécanique, pas chimique
Le VPPB est causé par de minuscules cristaux (otolithes) qui se sont déplacés dans un canal semi-circulaire de l’oreille interne. Ces cristaux perturbent les signaux envoyés au cerveau concernant la position de la tête, provoquant une sensation de vertige rotatoire.
Aucun médicament ne peut repositionner ces cristaux. Seules les manœuvres de repositionnement, réalisées par un kinésithérapeute vestibulaire ou un médecin formé, permettent de traiter la cause du problème. C’est le traitement curatif du VPPB [1].
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Cette réalité soulève une question légitime : pourquoi prescrire des médicaments si le problème est mécanique ?
Ce que font réellement les médicaments
Les médicaments prescrits dans le cadre des vertiges ne traitent pas la cause du VPPB, mais peuvent atténuer certains symptômes. Ils sont parfois appelés « suppresseurs vestibulaires » car ils réduisent l’intensité des signaux vestibulaires.
L’acétylleucine (Tanganil) est fréquemment prescrite en France. Elle vise à réduire les sensations vertigineuses et les nausées associées. Son efficacité dans le VPPB spécifiquement reste débattue dans la littérature scientifique [2].
La bétahistine (Serc) agit sur les récepteurs histaminiques et améliore la microcirculation de l’oreille interne. Elle est surtout utilisée dans la maladie de Ménière. Son utilité dans le VPPB n’est pas établie par des preuves solides.
Les antiémétiques (contre les nausées) peuvent être utiles si les vertiges provoquent des vomissements importants.
Les benzodiazépines (anxiolytiques) et les antihistaminiques peuvent atténuer les vertiges, mais leur usage prolongé est déconseillé car ils peuvent ralentir la compensation vestibulaire — c’est-à-dire la capacité du cerveau à s’adapter.
Ce que disent les recommandations scientifiques
Les guidelines internationales sont claires : les manœuvres de repositionnement sont le traitement de première intention du VPPB [1]. Les médicaments suppresseurs vestibulaires ne sont pas recommandés comme traitement principal.
L’American Academy of Otolaryngology précise que les suppresseurs vestibulaires ne devraient être utilisés que de manière brève, pour soulager les symptômes aigus sévères, et jamais en remplacement des manœuvres de repositionnement [1].
En d’autres termes : si vous n’avez reçu que des médicaments sans manœuvre de repositionnement, votre VPPB n’a probablement pas été traité à la source.
Quand les médicaments peuvent aider
Dans certaines situations, un traitement médicamenteux court peut avoir sa place.
En phase aiguë, quand les vertiges sont très intenses et s’accompagnent de nausées importantes, un antiémétique ou un suppresseur vestibulaire peut apporter un soulagement temporaire. Cela peut permettre au patient de tolérer plus facilement la manœuvre de repositionnement.
Si une anxiété importante accompagne les vertiges, un traitement ponctuel peut être discuté avec le médecin. Cependant, les benzodiazépines ne doivent pas être utilisées au long cours.
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Dans tous les cas, ces traitements sont des compléments, jamais des substituts aux manœuvres de repositionnement.
Les inconvénients d’une approche uniquement médicamenteuse
Se contenter de médicaments présente plusieurs inconvénients. D’abord, le VPPB persiste puisque les cristaux n’ont pas été repositionnés. Les vertiges peuvent durer des semaines, voire des mois, alors qu’une manœuvre aurait pu les résoudre en quelques minutes.
Ensuite, les suppresseurs vestibulaires peuvent ralentir la compensation naturelle. Le cerveau a une capacité remarquable à s’adapter aux dysfonctionnements vestibulaires, mais les médicaments peuvent freiner ce processus [3].
Enfin, il y a le risque d’effets secondaires : somnolence, troubles de l’équilibre paradoxaux, dépendance pour certaines molécules.
Que faire si on ne vous a prescrit que des médicaments ?
Si vous avez reçu une prescription médicamenteuse pour vos vertiges mais qu’aucune manœuvre de repositionnement n’a été réalisée, il peut être utile de consulter un kinésithérapeute vestibulaire.
Ces professionnels sont formés pour diagnostiquer précisément le type de VPPB et réaliser les manœuvres appropriées. Dans 80 à 90% des cas, les résultats sont excellents dès les premières séances.
N’hésitez pas à en parler à votre médecin ou à prendre directement rendez-vous. La rééducation vestibulaire est un acte de kinésithérapie qui peut être prescrit par votre médecin traitant.
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